Metropolitan Museum of Art : le méga-musée

La visite du Metropolitan Museum of Art peut être le prétexte à lui seul d’un voyage à New York. C’est un des très grands musées du monde, un des rares à pouvoir se mesurer au Musée du Louvre de Paris et au British Museum de Londres. C’est pratiquement un passage obligé pour le touriste, qu’il vienne pour un long séjour ou seulement un week-end.

Le « Met » est situé sur la 5eme avenue, au niveau des 80 et 84ème rues, en bordure de Central Park, et c’est incontestablement la pièce maitresse du « Museum Mile » (c’est ainsi que les newyorkais surnomment la partie de la cinquième avenue qui borde Central Park Sud-Est et qui rassemble près d’une dizaine de musées, entre les 70eme et 104eme rues).
Des statistiques ? Cinq millions de visiteurs par an, trois millions d’oeuvres d’art en stock, 10 000 m² d’espace d’exposition ouverts au public, 5 000 ans d’histoire de l’art représenté, 36 000 objets d’art egyptien antique (seconde collection mondiale après le musée du Caire) et dans sa plus grande dimension, une longueur de 400m. Plus de 30 expositions temporaires sont présentées chaque année, et le musée édite environ 20 catalogues par an. Le Metropolitan a une telle dimension que ses détracteurs l’ont surnommé « Metropolitan Bank of Art ».
En 1866, un groupe d’américains vivant à Paris se réunit dans un restaurant pour célébrer la fête de l’Indépendance américaine, le 4 juillet. Après le dîner, John Jay, un éminent avocat et petit-fils de l’éminent juriste américain John Jay, prononce un discours proposant que lui et ses compatriotes créent une institution nationale dédiée à l’art avec une galerie et une bibliothèque.
Durant les quatre années qui suivirent, ils vont convaincre les dirigeants politiques américains de l’Etat de New York, des collectionneurs d’art, et plusieurs philanthropes de soutenir le projet.  
Le projet Metropolitan a voit officiellement le jour en 1870, précisément le 13 avril, lors de la publication d’un décret qui annonce : « Nous allons fonder le Metropolitan, qui sera situé dans la ville de New York, dans le but d’établir et de maintenir dans ladite ville un musée et une bibliothèque d’art, d’encourager et de développer l’étude des beaux-arts, des arts appliqués et des arts décoratifs, et de faire progresser les connaissances générales de tout ce qui s’y rapporte, et, à cette fin, de fournir aussi au peuple l’instruction nécessaire« .
Dès le départ, l’ambition était d’offrir à la ville un lieu de prestige et de culture susceptible de rivaliser avec Paris et Londres. La mise en oeuvre est financée par une association regroupant des artistes, des d’amateurs d’art et des financiers, l’Union League Club (un club très select de New York, à l’image des clubs de gentlemen de Londres, qui existe toujours, et qui a, entre autres, aidé à la création de la Croix Rouge américaine, l’édification de la statue de la Liberté et de la tombe de Grant). 
L’inauguration du Metropolitan a lieu de 20 février 1872, mais son emplacement est temporaire. Il est aménagé d’abord  dans un bâtiment situé au 681 de la cinquième avenue, puis sera transféré au 128 de la 14ème rue ouest. Enfin, il trouvera sa place définitive en bordure de Central Park (récemment réalisé) sur un terrain fourni par la ville de New York. 
C’est l’architecte Calvert Vaux (déjà impliqué dans la construction de Central Park) qui dessinera le bâtiment aidé de Jacob Wrey Mould. L’édifice ressemble à un mausolée de brique rouge assez massif surmonté d’une verrière inspirée de Crystal Palace (à Londres), et dès son inauguration son esthétique est contestée. Durant 20 ans le musée sera en permanence modifié, le dépouillant progressivement de ses ornements d’origine, complétant la structure d’ailes supplémentaires au fur et à mesure que les collections s’enrichissent et le dotant d’une nouvelle façade en pierre, orientée vers le cinquième avenue (dessinée par Richard Morris Hunt), inaugurée en 1902. 
C’est cette façade majestueuse de style Beaux-Arts que l’on peut voir en arrivant devant le musée. La bâtiment d’origine se trouve aujourd’hui totalement entouré par des extensions (26 ont été ajoutées au cours du temps, dont 8 ailes complètes !). La surface actuelle du musée est 20 fois supérieure à celle du bâtiment de Vaux inauguré en 1880 ! Encore récemment le musée a subi des transformations : les galeries dédiées à l’art asiatique, Coréen notamment, en 1998-99, une aile consacrée à l’art Chypriote en 2000 et en 2009 la restructuration de l’aile consacrée à l’art américain. C’est aujourd’hui le premier musée d’art des USA et le troisième mondial après le Louvre et le British Museum. 
À la fondation du musée, le Metropolitan fut doté de 3 collections d’oeuvres d’art provenant de collectionneurs privés (dont John Taylor Johnston, un riche exploitant de ligne ferroviaire), formant un ensemble de 174 peintures d’origine européenne, des peintures flamandes et hollandaises (Hals, Van Dick) et quelques peintures françaises et italiennes (Poussin, Gardi, Tiepolo). Egalement présenté aux visiteurs : un sarcophage romain en pierre taillée.

Initialement, les collections étaient limitées à l’art d’origine européenne et à l’art antique. Mais dès 1924, les collections s’ouvrent à l’art américain. Depuis, les collections n’ont cessé de s’enrichir. La réputation du musée, au début du XXeme siècle, était que le Metropolitan acceptait en donation tout ce que les musées européens refusaient… Ainsi, le Metropolitan s’est doté de collections de mobilier, de vêtement d’époque, de textiles, de photographies, d’art primitif, d’instruments de musique, d’armes anciennes, qui, autrefois dédaignées, font maintenant la jalousie de tous !

Ce que l’on peut voir exposé ne représente qu’une sélection infime de ce qui est conservé au musée. Comme tous les grands musées, le Metropolitan possède un département de conservation important (avec 26 sous-sections dirigées par différentes équipes de conservateurs), des ateliers de restauration et de stocks « à la Indiana Jones ». Le musée abrite aussi une école d’histoire de l’art (comprenant le Ruth and Harold D. Uris Center for Education), plusieurs bibliothèques et salles de consultation des oeuvres réservées aux spécialistes, et un centre informatique qui gère l’énorme base de données des images et documents relatifs aux oeuvres. Vous pouvez consulter la base de données des ouvrages de la bibliothèque ici. Une banque d’images est à la disposition des enseignants et étudiants : Image Library of Met.

Qu’y-a-t-il à voir au Metropolitan ? On pourrait faire un inventaire à la Prévert, tant il y a de choses ! Voici la liste des différents thèmes présentés dans les salles du musée :

L’art antique égyptien, assyrien, sumérien, grec et romain
L’art islamique, africain, océanique
L’art asiatique
La peinture, sculpture et arts décoratifs européens des temps médiévaux  jusqu’au milieu du XXeme siècle
D’importantes collections d’instruments de musique, costumes, armes et armures, mobilier…
Une collection immense de dessins, gravures et, dans une moindre mesure, de photographies anciennes

                           

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(cliquez sur les images pour les agrandir)

Il est illusoire de vouloir visiter l’ensemble du musée en une seule journée. Si vous ne faites qu’un court séjour à New York,il va falloir faire des choix ! Voici quelques « incontournables » sur lesquels vous pouvez vous concentrer :

le temple de Dendur : un temple égyptien reconstitué en taille réelle dans une salle immense avec une verrière donnant sur Central Park. On peut entrer dans le temple et se reposer près de plans d’eau disposés autour.

les reconstitutions d’intérieurs européens anciens : plutôt que d’accumuler des objets et meubles dans des vitrines, les conservateurs du musée ont imaginé des reconstitutions complètes de pièces qu’on peut admirer depuis l’entrée. Par moment, on se croirait à Versailles ! La lumière est très étudiée et les oeuvres présentées superbes !

la galerie des statues romaines :  on se croirait dans un square dédié à l’art antique, et il y a des bancs tout autour pour méditer un peu.

la reconstitution d’une chambre de la maison d’un riche propriétaire romain de Pompéï.

la salle des armures, toujours appréciée des enfants, où on peut voir une troupe de cavaliers en armure : majestueuse reconstitution assez impressionnante.

une sélection de chef-d’oeuvres de la  peintures européenne (en vrac : 18 Rembrandts, 5 Vermeer, et des oeuvres de Dürer, Bruegel, Boticelli, Velasquez, El Greco, Goya, La Tour, Raphael, mais aussi Cézanne, Van Gogh, Monet, etc, etc…)

– la cour des sculptures européennes : un patio majestueux où se dressent des oeuvres de Rodin, dont les fameux Bourgeois de Calais, et des pièces de Houdon, dont le célèbre buste de Voltaire.

les salles des arts de l’Océanie : magnifiques objets symboliques, totems, mais aussi objets de la vie de tous les jours, dans une présentation magnifiquement éclairée.

les instruments de musique : une collection parmi les plus importantes du monde

des peintures modernes de la première moitié du XXème siècle : Picasso, Seurat, Jasper Johns, Jackson Pollock, Paul Klee, Warhol, Giacometti…

la fabuleuse reconstitution du salon de la maison Little créée en 1914 par Frank Lloyd Wright, le célèbre architecte amériacain

la reconstitution du patio de Vélez Blanco : une cour intérieure de style espagnol richement sculptée

l’atrium du jardin du Maître des Filets de Pêche, sorte de jardin Zen chinois reconstitué

l’Engelhard Court, immense salle surmontée d’une verrière donnant sur le parc, avec un jardin intérieur peuplé de sculptures du XXème siècle

le pavillon américain, ouvert dans sa nouvelle configuration depuis 2009 : un vaste ensemble de salles consacrées à la peinture, le mobilier et les arts décoratifs américains, présenté en reconstitutions d’intérieurs.

Si vous voulez jouer au jeu de piste, essayez de retrouver : le sarcophage d’Amathus, la jeune femme au pichet d’eau de Vermeer, la Madonne à l’Enfant de Duccio, l’armure d’Henri VIII, le portrait de George Washington par Gilbert Stuart, la collection de verres de couleur et d’argenterie Tiffany, la Grande Vague de Hokusai.

Et, bien-sûr, vous chercherez avec vos enfants le petit hippopotame bleu, mascote du musée, appelé William, petite sculpture émaillée bleu turquoise d’origine égyptienne de la première moitié de la dynastie 12, datant de moins 1900 ans avant J.C.

En conclusion, même si vous n’êtes pas un grand amateur d’art et de musées, la majesté du lieu ne pourra vous laisser indifférent, et la variété des oeuvres exposées fait que vous trouverez toujours quelque chose qui vous intéressera.

L’entrée du musée est payante, autour de $20 en plein tarif (gratuit pour les enfants de moins de 12 ans, $10 pour les étudiants, $15 pour les séniors – le Metropolitan est compris dans les entrées proposées par le City Pass, ce qui est très intéressant !). Mais vous devez savoir que, comme dans beaucoup de musées publics américains, ce tarif est une simple recommandation. Si vous le souhaitez, vous pouvez entrer en ne payant qu’une partie de cette somme, voire même sans payer du tout.

Par contre, vous n’échapperez pas à la queue pour prendre un ticket (entrée assez rapide, car de nombreuses caisses à disposition), indispensable pour entrer. Il vous faudra donc indiquer au guichet la somme que vous souhaitez donner pour vous acquitter de l’entrée (le personnel aux caisses prend les devants en vous posant la question systématiquement).

Une fois cette formalité réalisée, on vous donnera une sorte de petit badge métallique à mettre bien en vue sur vos vêtements. À la vue de ce badge, on vous laissera entrer et sortir dans le musée toute la journée (attention : une couleur différente par jour… il y  même des collectionneurs de ces badges).

N’oubliez pas en sortant du musée de visiter la grande boutique de souvenirs et la vaste et riche librairie d’art. Il y a un restaurant assez chic mais somme-toutes accessible dans le musée. Le service est continu de 11h30 à 16h30.

A voir aussi le Roof Garden (ouvert de mai à la fin de l’automne, selon conditions climatiques, 10h00-16h30, plus tard les vendredi et samedi), un jardin installé sur le toit du musée. On y accède par ascenceur. La vue sur Central Park et les gratte-ciels qui le bordent est agréable. Le Roof Garden présente régulièrement des expositions de sculptures contemporaines. Pas facile à trouver, le plan d’accès est ici.

Vous pouvez suivre la visite avec un audioguide, sorte de combiné sur lequel vous entrez des numéros figurant près des oeuvres pour écouter un commentaire. L’audioguide existe en français. Sa location coûte $7, mais elle est gratuite pour les personnes malvoyantes, et moins chère après 17h00 les vendredi et samedi. Plusieurs programmes sont proposés, selon le thème : art antique, architecture du musée, programmes adaptés aux enfants…

Des visites commentées en petits groupes réalisées par des guides accrédités par le musée sont disponibles en français. se renseigner sur place pour le prochain départ (attention : les horaires sont scrupuleusement respectés).

Des brochures plan sont distribuées à l’entrée, et elles permettent de ne pas trop se perdre. Une version en français existe, elle est distribué seulement à l’accueil central du musée. Il existe aussi une brochure destinée aux enfants (Family Map et Kid’s Q&A) : elles contiennent des informations amusantes sur les oeuvres du musée et un jeu de piste pour que les enfants cherchent certaines oeuvres. Recommandé pour ne pas transformer la visite en longue plainte d’ennui…

Le musée est ouvert tous les jours, sauf le lundi, Thanksgiving, Noël, et le Nouvel An. Les horaires d’ouverture sont : 9h30 à 17h30 (mais on ne vous laisse plus entrer après 17h00). Il y a de « nocturnes » jusqu’à 21h00 les vendredi et samedi. Certains soirs, il y a des concerts dans le musée (magique !), notamment pour faire découvrir les instruments anciens de la collection : ces concerts sont généralement gratuits. Se renseigner sur place pour les dates.

Petite information pour éviter des déconvenues : on ne doit pas sortir de stylo ou feutre pour écrire quelque chose à l’intérieur du musée. Même si vos intentions sont seulement de noter quelque chose, on va vous sauter dessus et vous expulser du musée ! Il se trouve que dans le musée, quelques attentats aux oeuvres avec marqueur ont eu lieu dans le passé. Les gardiens sont très sensibilisés au risque que cela se reproduise… Toutefois, les crayons et pastels sont autorisés pour faire des esquisses.

De même, vous pouvez faire toutes les photos que vous voulez (sauf avis contraire symbolisé par un panneau), mais sans flash et sans pied photo. Par contre, mystérieusement, les caméras vidéo sont interdites (officiellement, mais il semble qu’il ait une certaine tolérance si vous n’abusez pas) !

Les poussettes et fauteuils roulants sont autorisés. Des porte-bébés peuvent être prêtés (voir au vestiaire) ainsi que des fauteuils roulants. On ne peut pas manger dans l’enceinte du musée (sauf au restaurant évidemment), et les seules boissons autorisées sont les eaux minérales en bouteilles transparentes (si par folie il vous prenait l’idée d’asperger un tableau, avec de l’eau les dégâts sont moindres… si, si, cela arrive parfois).

Commentaires ( 3 )

[…] aussi : notre article sur le Metropolitan – cliquez ici ©Movila – 2012 Ce contenu a été publié le Photo de la semaine par Pierre Movila, […]

Photo NewYorkMania de la semaine #06 - New York Mania ! « New York Mania ! a ajouté quelques mots le Nov 25 12 à 12 h 54 min

[…] aussi : notre article sur le Brooklyn Bridge – cliquez ici  ©Movila 2010. Ce contenu a été publié le Photo de la semaine par Pierre Movila, et […]

Photo NewYorkMania de la semaine #03 - New York Mania ! « New York Mania ! a ajouté quelques mots le Nov 25 12 à 12 h 56 min

[…]  Source: http://newyorkmania.fr/2010/05/metropolitan-museum-of-art-le-mega-musee/ […]

Le Metropolitan Museum of Art | i-Portfolio Camille Delumeau a ajouté quelques mots le Mai 03 15 à 16 h 02 min

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