American Museum of Natural History : sciences et nature au coeur de New York

Le Musée d'histoire naturelle de New York est un des plus beaux et vastes du monde. Situé au nord ouest de Central Park, presque en face du Métropolitan Museum, le AMNH offre au visiteur quelques unes des attractions qui font d'un voyage à New York un moment inoubliable.   

En effet, même si vous n'êtes pas passionné(e) de sciences et de biologie, vous trouverez dans ce musée des  choses à voir dignes de meilleurs parcs d'attraction, que ce soit une baleine bleue grandeur nature, des dinosaures, ou un cinema 3D.

La petite histoire rapporte que c'est un étudiant en zoologie de Harvard, Albert Smith Bickmore, qui décida de créer à New York un musée d'histoire naturelle. Il obtint le support de grandes personnalités comme le Président Theodore Roosevelt senior (le père de Theodore Roosevelt Junior, plus connu en France pour son engagement lors de la seconde guerre mondiale), et J. P. Morgan (un financier célèbre), et le 6 avril 1869 l'acte de création du musée est signé par le gouverneur de New York de l'époque, John T. Hoffman.

Le Musée trouve d'abord sa place dans l'Arsenal de Central Park, un bâtiment à usage militaire construit en 1851, reconverti en centre administratif quelques années plus tard. Le Musée y occupe deux étages de 1869 à 1877, le temps que le nouveau site que Musée occupe toujours aujourd'hui soit construit. C'est à l'Arsenal que B. Waterhouse Hawkins, un éminent  paléontologiste, passe son temps à patiemment reconstruire des squelettes de dinosaures à partir de collections d'ossements.

Le Musée prend une option sur un terrain situé de l'autre coté de Central Park, dans l'Upper West Side, entre les 77ème et 81ème rue, appelé "Manhattan Square". Les plans d'un grand musée occupant tout le Manhattan Square sont réalisés par les architectes Calvert Vaux (aussi à l'origine du Metroplitan Muséum of Arts) et J. Wrey Mould. Le projet de construction est ambitieux, incluant plusieurs ailes reliées entre elles en formant une croix grecque, le tout surmonté par un dôme… Les moyens financiers du Musée étant modestes, il n'est d'abord contruit qu'une simple aile, sur cinq étages. 

La première pierre du nouveau musée est posée en présence du Président Ulysse S. Grant en 1874 et les galeries ouvertes au public lors de son inauguration en décembre 1877.

De nos jours, le bâtiment d'origine du Musée est à peine repérable, celui-ci étant maintenant entouré d'une bonne vingtaine de constructions annexes qui s'y sont ajoutées. L'entrée principale du musée est située coté Central Park, au niveau du Theodore Roosevelt Memorial, inauguré en 1936. À l'extérieur du batiment, de style hétéroclite, vaguement neo-romain, parfois "neo-gothique", mais aussi par certains aspects "pseudo-médiéval", on peut observer des mosaïques représentant des dinosaures. La sculpture équestre située à l'extérieur du Musée représente Theodore Roosevelt aux cotés d'un indien et d'un africain, symbolisant l'amitié du Président des Etats-Unis pour les peuples du Monde entier. On peut dire que le Musée est un peu dédié à ce Président qui oeuvra beaucoup pour la préservation des espaces naturels des USA. Sa vie est d'ailleurs représentée en frise dans la basilique qui forme l'entrée du Musée.

Évidemment, le principal intérêt du Musée est constitué par ses collections. Comme tous les musées d'histoire naturelle, l'AMNH est intialement destiné à rassembler des objets comme des pièces paléontologiques, des échantillons géologiques, des collections d'insectes, etc. Et de fait, le Musée en a rassemblé des millions (pas loin de 30 millions !), stockés dans des réserves ou exposés dans ses vitrines. Le Musée est aussi une bibliothèque avec près de 500 000 livres en stock, et offre plus de 150 conférences par an !

Depuis sa fondation, le Musée finance et organise des expéditions. Autour des galeries ouvertes au public, se trouve une école scientifique, avec ses étudiants et professeurs, départements de recherche dédiés à des thèmes de recherche comme la paléontologie, l'entomologie, l'ichtyologie, astronomie, anthropologie…

Le Musée édite aussi le célèbre Natural History Magazine qui est un peu le "Sciences et Vie" de l'Amérique (voir le site).  

Mais si vous passez par New York pour quelques jours seulement, cela vaut-il le coup de passer du temps à visiter ce musée ?

Eh bien, oui, car il contient certes beaucoup de science et de connaissances pour le spécialiste, mais aussi des présentations destinées au grand public, très spectaculaires, mises en scène de manière ludique.

Exemple de ce désir d'offrir du spectacle aux visiteurs : les dioramas. Il s'agit de mises en scènes étonnantes de vérité d'animaux placés dans leur habitat d'origine.

Les dioramas furent créés à partir de 1913 par Carl Akeley. Celui-ci avait offert ses services au Directeur du Musée de l'époque, pour passer 5 ans de sa vie à construire les premières scènes. Aujourd'hui, les dioramas de New York sont devenus un patrimoine historique, très jalousement gardé et régulièrement restauré (une puissante association gère la collection des dioramas).

Les animaux sont représentés par des "sculptures " en plâtre recouvertes de fourrure ou de peau, synthétiques ou originales. La pose des animaux est naturelle, on croirait assister réellement à une scène photographiée dans la nature. Rien à voir avec des animaux empaillés !

Les scènes sont exposées dans une grande vitrine, avec un décor naturel au premier plan (des herbes, quelques arbres, un oiseau, un terrier…), et un paysage peint en fond. Les scènes sont toujours "animées" : on assiste à la vie paisible de quelques herbivores, ou à une scène de chasse, un combat de cerfs… 

À ne pas rater : la galerie Akeley, dédiée aux mammifères d'Afrique, avec sa horde d'éléphants et les dioramas d'origine sur deux étages. Un incontournable !

Également recommandée, la galerie des dinosaures. La visite commence par le hall d'entrée du musée avec le squelette immense et complet d’un apatosaure. Le département de paléontologie est peuplé de tyranosaures, et autres ptérodactyles. Un must pour les "dinosaurologues" en culotte courte !
 
On ne peut pas ici détailler toutes les richesses que propose à la visite le Musée. Mais vous ne devez pas quitter les lieux sans avoir vu la fameuse baleine bleue reconstituée à dimension réelle présentée dans le département de zoologie marine. La récente Galerie de l'Évolution vaut aussi le coup d'oeil, avec une mise en valeur intéressante de la riche collection zoologique du Musée.
 
À ne pas rater non plus : le département d'anthropologie, avec des dioramas représentant nos ancêtres paléolithiques, et une vaste collection de costumes et d'objets documentant tous les peuples du monde.
 
Enfin, le département géologie est un des plus riches du monde, avec des pièces extraordinaires, dont le fameux saphir bleu "Star of India", le plus gros du monde (463 carats, originaire du Sri Lanka, il fut dérobé dans le musée en 1965 et retrouvé quelques temps plus tard dans une station de bus de Miami…).
 
Le Musée possède son planétarium depuis 1932. Celui-ci a été rénové à plusieurs reprises pour finalement laisser place, après une longue reconstruction à un centre consacré à l'astronomie, le Rose Center pour la Terre et l'Espace. Ce centre présente sous une grande verrière cubique de nombreux documents consacrés à l'espace et ses ressources.
 
Pas de fusées ou d'avions comme à Washington, plutôt des images spectaculaires des planètes du système solaire, des étoiles et des dernières connaissances acquises en matière d'astrophysique. Le planétarium d'origine (Hayden Planetarium) existe toujours et propose une programmation variée. Le dispositif de projection est moderne, capable de présenter une projection du ciel et ses étoiles classique, mais aussi des films et animations sophistiquées.
 
Depuis quelques années, le Rose Center intègre un cinema 360° IMAX qui propose des films très spectaculaires sur la formation des planètes ou la conquête spatiale, dont certains en 3D.
 
Le Musée ouvre tous les jours, dimanche compris, sauf à Thanksgiving et le jour de Noël. Les horaires d'ouverture sont de 10h00 à 17h45. Cette large plage d'horaires explique que le musée convient souvent comme visite de sauvetage lorsqu'un autre musée est fermé. Attention, même si le musée ferme à 17h45, on ne peut plus entrer après 17h00.
 
Le tarif d'entrée est à la discrétion du visiteur. Si vous êtes dans le besoin, vous pouvez très bien entrer gratuitement, mais il faut demander un ticket quand même. Le tarif recommandé est de 16$ pour adulte, moins pour les enfants et séniors. Mais je vous recommande vivement le pass Supersaver qui associe à l'entrée au musée une scéance de planétarium et d'IMAX et l'accès aux expositions temporaires qui sont souvent spectaculaires.
 
Noter qu'il existe une application dédiée pour iPhone Apple  vous permettant de planifier  votre visite (en anglais : voir ici).
Visitez aussi le site du plan interactif du musée : ici.
 
Dans le musée se trouvent plusieurs boutiques qui vendent des objets "scientifiques" pour enfants et plus grands : c'est une bonne source de cadeaux de voyage pour ceux qui sont en panne d'imagination ! Succès garanti auprès des enfants restés à la maison… On y vend aussi des minéraux et petites météorites. 
 
 

à voir : le film "La nuit au Musée" (et sa suite, La Nuit au Musée 2). Le film n'est pas un chef-d'oeuvre, mais il montre nombre d'attractions célèbres du musée qui deviennent vivantes lorsque le soleil se couche (dans le film, bien-sûr). Vous pourrez vous amuser à les reconnaitre sur place, elles y sont toutes !

   

Commentaires ( 5 )

[…] Niché dans le quartier de l’Upper West Side, juste en face du Central Park, le musée d’Histoire Naturelle est une étape incontournable qu’il s’agisse d’un séjour en famille ou d’un voyage sans enfants à New York. Imposant édifice, il est sans doute le plus grand Brownstone du quartier. Éducatif et ludique, le musée d’Histoire Naturelle propose une collection spectaculaire de dioramas de différents animaux terrestres et marins (vous pourrez par exemple voir des dinosaures au 4e étage et une baleine taille réelle au 1er étage) ainsi que d’animaux vivants (plus de 500 espèces de papillons vous attendent au 2e étage). Ajouté à cela, au 3e étage du musée, vous aurez la possibilité de découvrir l’histoire des premiers occupants de l’Amérique et explorer l’espace. En savoir plus : cliquez ici […]

3 curiosités à voir absolument à New York - NewYorkMania « NewYorkMania a ajouté quelques mots le Oct 16 15 à 12 h 48 min

Bel article. J’ajouterai que ce musée intègre un petit restaurant pas mal du tout. Je le recommande.

J Leblond a ajouté ce commentaire le 06 09 2010 à 21 h 33 min

C’est vrai que c’est l’endroit à ne pas manquer. Excellent article.
Ca y est, j’ai encore envie d’y retourner !

Tux a ajouté ce commentaire le 13 09 2010 à 7 h 26 min

Endroit magnifique que l’on retrouve aussi en littérature dans  » L’attrape coeur  » !!

guillaume a ajouté ce commentaire le 28 09 2010 à 9 h 33 min

C’est exact !
Voici l’extrait concerné dans le livre :
L’Attrape-cœurs (The Catcher in the Rye) de J. D. Salinger.

C’était dimanche et donc Phoebé serait pas là avec sa classe et le temps était humide et pourri mais quand même j’ai traversé le parc jusqu’au Musée d’Histoire Naturelle. Je savais que c’était de ce musée-là qu’elle parlait, la gosse aux patins. Je connaissais par cœur la routine des visites au musée. Phoebé allait à la même école où j’allais quand j’étais petit et on se tapait tout le temps le musée. On avait ce prof, Miss Aigletinger, qui nous y emmenait presque tous les samedis. Parfois on observait les animaux et d’autres fois on regardait ce que les Indiens avaient fait dans les temps anciens. Poterie, et paniers tressés et tout ce fourbi. Quand j’y repense je suis tout content.

Même à présent. Je me souviens qu’après avoir examiné les trucs des Indiens on se rendait généralement dans le grand auditorium pour voir un film. Christophe Colomb. Ils passaient tout le temps Christophe Colomb découvrant l’Amérique, ce mal qu’il avait eu à décider Frédéric et Isabelle à lui prêter le fric pour acheter des bateaux et puis les marins qui se mutinaient et tout. Le père Colomb on s’en foutait un peu mais on avait toujours plein de caramels et de chewing-gums et à l’intérieur de l’auditorium ça sentait vachement bon. Ça sentait comme s’il pleuvait dehors, même si en vrai il pleuvait pas, et qu’on aurait été dans le seul endroit au monde qui soit plaisant, sec, confortable. Je l’aimais, ce sacré musée. Je me souviens que pour aller à l’auditorium on traversait toute la salle des Indiens.

C’était une longue longue salle et on pouvait parler qu’à voix basse. La maîtresse marchait en tête et la classe suivait en bon ordre. Une double rangée de mômes. Moi, en général, j’étais à côté d’une fille qui s’appelait Gertrude Levine. Il fallait tout le temps que je lui donne la main et sa main était tout le temps moite ou poisseuse. Le sol était en pierre et si on avait des billes et qu’on les laissait tomber elles rebondissaient comme des dingues dans un boucan de tous les diables, et la maîtresse arrêtait les rangs et revenait sur ses pas pour voir ce qui arrivait. Mais Miss Aigletinger, elle se fâchait jamais.

Ensuite, on défilait devant cette longue longue pirogue, à peu près aussi longue que trois Cadillac mises bout à bout, avec dedans une vingtaine d’Indiens, quelques-uns qui pagayaient, d’autres qui se contentaient de prendre des airs de durs, et tous le visage barbouillé de peintures de guerre. Il y avait à l’arrière du canot un type très impressionnant qui portait un masque. C’était le sorcier. Il me donnait la chair de poule mais je l’aimais bien quand même. Et puis, si en passant quelqu’un touchait une pagaie ou quoi, un des gardes recommandait « On ne touche pas, les enfants » mais c’était dit d’une voix aimable, pas comme l’aurait dit un sale flic ni rien.

Ensuite on longeait une vitrine avec dedans des Indiens qui frottaient des bâtons l’un contre l’autre pour faire du feu, et une squaw tissant une couverture. Cette squaw tissant la couverture était courbée sur son ouvrage et on voyait ses seins et tout. On s’en mettait plein les mirettes, même les filles qu’étaient que des gamines avec pas plus de seins que les garçons. Enfin, juste à l’entrée de l’auditorium, tout près de la porte, y avait l’esquimau. Il était assis au bord d’un trou dans un lac gelé et il pêchait. On voyait déjà au bord du trou deux poissons qu’il avait attrapés. Ouah, ce musée était plein de vitrines. Y en avait encore plus à l’étage avec dedans des cerfs qui buvaient l’eau d’une mare et des oiseaux qui gagnaient le sud pour y passer l’hiver.

Les oiseaux les plus proches étaient empaillés et pendus à des fils, et ceux du fond étaient simplement peints sur les murs mais ils donnaient tous l’impression de voler vraiment vers le sud et si on penchait la tête, et si en quelque sorte on les regardait par en dessous ils semblaient encore plus pressés de voler vers le sud. Ce qui était extra dans ce musée c’est que tout restait toujours exactement pareil.

Y avait jamais rien qui bougeait. Vous pouviez venir là cent mille fois et chaque fois cet esquimau aurait tout juste réussis à attraper ses deux poissons, les oiseaux seraient toujours en route vers le sud, les deux cerfs, avec toujours leurs beaux bois et leurs pattes fines, boiraient toujours dans la mare, et cette squaw au sein nu tisserait toujours la même couverture. Rien ne serait différent. Rien, excepté vous. Vous seriez différent. Certainement pas beaucoup plus vieux. Vous seriez juste différent, c’est tout. Cette fois-ci vous auriez un manteau. Ou bien le gosse qui vous donnait la main la fois précédente aurait la scarlatine et on vous aurait attribué un nouveau compagnon.

Ou bien ce serait une suppléante qui serait en charge de la classe à la place de Miss Aigletinger. Ou vous auriez entendu vos parents se disputer très fort dans la salle de bains. Ou vous seriez juste passé dans la rue près d’une de ces flaques avec dedans des arcs-en-ciel de mazout. Je veux dire que d’une manière ou d’une autre vous seriez différent. Je peux pas expliquer. Et même si je pouvais, je suis pas sûr que j’en aurais envie.

Pierre Movila a ajouté ce commentaire le 03 10 2010 à 18 h 03 min


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