Wall Street : le royaume mondial de la finance

Quand on parle de Wall Street, pour beaucoup de français, cela évoque le film de 1988, réalisé par Oliver Stone, avec la scène où Michael Douglas hurle à une assemblée d'actionnaires "greed !" (cupidité !). Dans l'imaginaire collectif, c'est le lieu où se font et se défont les fortunes. Où les "traders" s'entredéchirent les actions en criant "j'achète" ou "je vends"… 

Concrètement, quand on arrive à Wall Street, on constate deux choses : c'est une petite rue étroite, et elle n'est pas bien longue. Que peut-il bien se passer ici pour que toute la planète tremble à chaque baisse du Dow Jones ? A vrai dire pas grand chose qu'un touriste puisse voir.

La Bourse de New York, est une des plus importantes du Monde (en quantité de valeurs échangées). Nommée NYSE (New-york Stock Exchange), sa création remonte à 1792, lorsqu'un groupe de financiers décida d'organiser des échanges de titres, directement de personne à personne, sans passer par le système de la vente aux enchères qui occasionnait des frais versés aux Commissaires Priseurs.

Cette décision fut prise par 24 personnes, en un lieu où les échanges se pratiquaient déjà depuis quelques temps de manière informelle, sous un grand arbre, un platane, buttonwood tree en anglais, situé dans l'actuel Battery Park (anciennement Castle Garden). La création du New York Stock Exchange a été entérinée sous le nom de "l'accord de Buttontree". 

Wall Street ("rue du mur") tient son nom du mur de protection qui avait été érigé à la limite nord de la ville, au cours du 17ème siècle. Au départ, il s'agissait d'une simple clôture en bois avec un talus de terre, destinée à protéger la petite bourgade des attaques et vols par les indiens. Plus tard, lorsqu'il fallut se protéger des anglais, le mur fut renforcé pour devenir une véritable fortification de plus de 4 mètres de haut.

Le mur s'étendait d'est en ouest, coupant dans toute sa largeur la presqu'île de Manhattan. Coté ouest, le mur continuait le long de la plage vers le sud jusqu'au vieux Fort.

Le mur ne fut impliqué dans aucune bataille et fut détruit lorsque la ville passa sous domination anglaise. Il n'en subsiste rien aujourd'hui. La rue a conservé son nom, mais elle est bien plus courte que n'était le mur : Wall Street part de Broadway et se termine en bord de l'East River, soit une distance d'environ 600 mètres. En son centre elle est raccordée à une petite place triangulaire, Exchange Place. 

Le quartier de Wall Street originel fut presque entièrement détruit lors du grand incendie de 1835. La reconstruction du quartier s'est faite progressivement, avec nombre de bâtiments prestigieux, sièges sociaux de banques pour la plupart : Chase Manhattan Bank (avec les cèlébres sculptures de Dubuffet et Naguchi sur son parvis), Federal Reserve Bank (avec dans ses sous-sols 1/4 du stock mondial d'or… et le lieu du film Die Hard, la Vengeance), Citibank (un immense bâtiment… vide ! – fermé et interdit au public depuis 1992), Williamsburg Savings Bank (qui était initialement la caisse d'épargne des marins, d'où l'abondance de symboles liés à la mer sur ses façades), etc. 

À voir également sur Exchange Place, au numéro 20, sur le fronton de la porte principale un symbole amusant : la Semeuse, telle qu'on la voyait autrefois sur les pièces d'un franc. Ce qui nous rappelle qu'à la fin du XIXème siècle, le franc or était encore la monnaie forte de l'époque…

Regardez aussi un peu partout, vous retrouverez souvent des représentations de deux animaux qui s'affrontent, un ours et un taureau. L'ours symbolise celui qui spécule sur la baisse du marché et cherche à vendre ses titres, et le taureau, au contraire, celui qui croit dans la croissance du marché et achète.

C'est l'équilibre des deux animaux en perpétuel affrontement qui symbolise l'équilibre des marchés. 

Wall Street est l'épicentre du Financial District. Le quartier concentre nombre de sociétés financières, banques d'affaire et organismes de cotation et analyse.

Le secteur abrite le NYSE, mais aussi le NASDAQ (le deuxième plus important marché d'actions des États-Unis et le plus grand marché électronique d'actions du monde), AMEX, NYMEX, etc. C'est aussi dans le quartier que se trouve la rédaction du Wall Street Journal, quotidien financier lu dans le monde entier. Mais même si Wall Street est le quartier principal des affaires, ce n'est pas le seul à New York.

Beaucoup de sociétés financières se sont aussi installées dans Midtown, et dès la fin des années 70, le centre de l'activité de Wall Street s'est déplacé un peu vers l'ouest, avec l'ouverture du World Trade Center.

Quoi qu'il en soit, Wall Street reste le symbole du monde capitaliste, et les touristes viennent se mêler aux traders avec leurs vestes de couleur qui passent quelques instants de pause à l'extérieur le temps de passer un coup de téléphone ou de griller une cigarette.

Vous pouvez vous faire photographier auprès d'un trader, la plupart trouvent cela plutôt amusant et se laissent facilement faire. N'oubliez pas cependant que le quartier est sous mesures de sécurité permanentes et qu'il faut demander avant de tirer le portrait de quelqu'un, certaines personnes ne souhaitant pas être prises en photo.

On ne visite plus le New York Stock Exchange depuis les attentats du 11 septembre. Auparavant, on pouvait accéder, après une une longue attente et de multiples contrôles de sécurité, à une coursive située en hauteur, surplombant la salle des marchés. La coursive était fermée par une vitre blindée et la prise de photographies strictement interdite.

Le plus sûr moyen de voir cette mythique salle des marchés, avec les traders en furie s'échangeant des tickets autour d'une forêt d'écrans informatiques est… la télévision.

Chaque jour, la clôture des échanges fait l'objet d'une sorte de cérémonie, retransmise par beaucoup de chaines TV, avec le frapper du marteau qui signale l'arrêt des cotations (la Bourse fonctionne de 9h30 à 16h00).

Le marteau est tenu chaque jour par une personnalité différente, homme politique, sportif de renom ou président d'une oeuvre caritative. Cet honneur se monnaye très cher, parait-il…

Il vous reste la façade du NYSE à admirer, dans un style grec majestueux, et aussi un des plus grands drapeaux américains du pays, accroché devant la colonnade. Ce drapeau est parfois illuminé le soir, pour les fêtes de fin d'année ou lors d'évènements importants.

On ne peut pas s'approcher de la façade, une longue barrière coupe la rue en son centre et il est interdit aux touristes de la traverser. 

Dominant Exchange Place, le "temple grec" du Federal Hall,  construit entre 1836 et 1842, qui abritait à l'origine les douanes américaines. La structure se trouve sur le site de l'ancien Hôtel de Ville, qui date de 1700, et a servi de "Maison Blanche" quand New York a été brièvement la capitale des États-Unis immédiatement après l'Indépendance. En face de la façade néoclassique se trouve la statue de George Washington, érigée à l'endroit où il a prêté serment  à la nation lors de  son accession au pouvoir en 1789.

Le quartier est sous haute surveillance. L'Amérique a pu constater en 2001 que Manhattan n'est pas à l'abri des attaques terroristes, et depuis des mesures de sécurité draconiennes ont cours à Wall Street. La circulation routière est interdite, des butoirs retractables ont été installés au centre des rues avoisinantes, empêchant tout trafic.

Une brigade de policiers anti-terroristes patrouille en permanence dans la rue. Bref, une ambiance un peu tendue.

    

 

 

 

 

 

Si vous passez à Wall Street près de l'heure de la clôture des cotations (vers 16h00), vous aurez sans doute l'occasion de voir une flopée de journalistes enregistrer leurs commentaires face à une caméra et un éclairage sommaire un peu partout dans la rue. Chacun fait son commentaire sur l'évolution des marchés. Certaines fois, ce sont même des mini studios qui sont installés dans la rue pour des interviews de personnalités ou des magazines TV.

En milieu de journée, on peut assister à la sortie des traders qui vont déjeuner rapidement, avec leurs vestes de couleur. Pourquoi ces vestes bleues, rouges ou jaune ? Elles représentent les sociétés de courtage auxquelles les traders sont affiliés. Les numéros qui sont brodés dessus indiquent la position hiérarchique de la personne et la section à laquelle il appartient. Les vestes ont de nombreuses poches, car, même à l'ère de l'informatique tout puissante, beaucoup d'échanges de titres font l'objet d'émission de tickets avec l'ordre manuscrit. Il faut pouvoir en mettre en poche plusieurs poignées lors d'une session de Bourse.

Si vous avez le temps, entrez dans les restaurants autour de Wall Street, vous verrez les afficheurs électroniques qui font défiler les cotations inlassablement, même dans les endroits les plus chics.

On dit qu'il n'y a pas de repas tranquille dans le quartier, les convives autour d'une table ne pouvant lâcher des yeux les afficheurs, au cas où…

Un endroit classique est recommandé : le Mac Donalds de Wall Street, sur Broadway. L'afficheur de cotations est installé au dessus des caisses. Et aussi, au dessus de l'entrée, un piano : tous les jours une équipe de pianistes se relaie pour jouer. Les airs vont de la musique classique à Elton John. Détail amusant : le pianiste doit monter une échelle pour rejoindre le piano !

Dans le quartier, les restaurant sont en général équipés de Wifi gratuit pour vous connecter à internet. C'est le cas notamment de la chaine Burger King et des Starbucks Coffee. Pratique !

    

 

 

 

 

 

Avant de quitter le Financial District, n'oubiiez pas de passer voir le taureau de Wall Street, The Charging Bull. "Le boeuf en train de charger" est une sculpture qui est devenue le symbole de Wall Street.

L'histoire de cette sculpture est peu banale : suite au krach boursier de 1987, l'artiste Arturo di Modica décide de réaliser sur ses fonds propres une sculpture de bronze pesant plus de trois tonnes, et évoquant "l'optimisme indéflectible de la force financière".

Il l'installe sans aucune autorisation sur une placette face à Wall Street. Le public l'adopte immédiatement, mais la ville l'enlève quelques semaines plus tard. Devant les protestations, elle est remise en place un peu plus loin pour ne plus en bouger (dans le Bowling Green Park).

La sculpture est devenue en quelques années un symbole de Wall Street et plus généralement de la prospérité individuelle. Tout jeune diplomé vient se faire prendre en photo devant la statue, car elle a la réputation de porter chance à ceux qui sont entreprenants.

Si elle a fait la fortune d'une personne, c'est bien de son auteur, qui a certes dépensé 350 000$ pour la réaliser, mais qui a aussi gagné un procès contre une grande chaine de magasins américains qui en commercialisait des reproductions miniatures sans lui verser de droits… grave erreur qui a été régularisée à coups de millions de dollars !

Sachez que pour que vos voeux soient exaucés, il faut tour à tour saisir les cornes de la bête, puis gratter son "nez", et enfin prendre à deux mains ses testicules. À vous de voir si le jeu en vaut la chandelle…

 

L'image de Wall Street datant de 1867, figurant en tête de cet article, a été publiée dans "View in Wall Street from Corner of Broadway", propriété de la National Archives and Records Administration et reproduite avec autorisation.


    

Commentaires ( 2 )

[…] Source: http://newyorkmania.fr/2010/08/wall-street-le-royaume-mondial-de-la-finance/ […]

Le Financial District | i-Portfolio Camille Delumeau a ajouté quelques mots le Avr 29 15 à 19 h 13 min

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