MTA – le métro de la « Grosse Pomme »

Le métro de New York est tout simplement le plus grand du monde : 422 stations, 368 kilomètres de voies, 5 millions de passagers par jour (oui, par jour… ce qui fait 1,5 milliard par an !), la consommation électrique d'une ville américaine de 300 000 habitants, 50 000 employés dédiés à son exploitation, des rames qui peuvent aller jusqu'à 180 mètres de long, et plus de 6000 rames en fonction, composées de 8 à 12 voitures chacune.

Autre record moins connu : c'est, de loin, le principal réseau de métro des USA, représentant à lui seul près de 80% des ressources "subway" du pays. D'autres grandes villes comme Chicago, Boston, Los Angeles et San Francisco sont équipées d'un réseau de métro, mais le plus souvent aérien, plus assimilable à des trains de banlieue qu'un véritable métro, et constitué souvent uniquement de quelques lignes.

La création du métro de New York remonte officiellement à 1868 pour la première ligne aérienne ("elevated"). Mais celle-ci ressemblait plus à un train circulant en ville qu'à un véritable métro (les rames étaient tirées par une locomotive à vapeur). Une première ligne expérimentale souterraine dans Manhattan avait été testée en1870 sur une ligne reliant deux stations, maisc'est seulement à la création de la "City of Greater New York" (Communauté Urbaine de New York, entité publique réunissant les 5 boroughs) que le projet de création du métro prend vraiment forme.

    

La première véritable ligne souterraine est inaugurée en 1904. Rapidement le réseau s'étend et son exploitation est confiée à deux sociétés privées, l'IRT (Interborough Rapid Transit) et la BRT (Brooklyn Rapid Transit).

Celles-ci devaient reverser une partie des recettes générées par la vente des titres de transport (les fameux jetons percés d'un "Y" au centre, les plus anciens étant très recherchés par les collectionneurs).

Le tarif du trajet était fixé à 5 cents (aujourd'hui il s'élève à un peu plus de 2 dollars).

Les deux sociétés privées privilégièrent le développement de lignes aériennes, plus faciles à construire et rapidement mises en exploitation.

En 1940 les deux réseaux sont rachetés par le City of Greater New York, et la construction de lignes souterraines privilégiée.

Les lignes aériennes redondantes sont supprimées et le réseau progressivement étendu sous l'égide d'une nouvelle structure publique : la New York Transit Authority, créée en 1953.

En 1968, celle-ci est mise sous tutelle de la Metropolitan Transportation Authority : MTA. C'est toujours le MTA qui gère le métro à New York en 2010 et cet acronyme se trouve inscrit sur les tous les tickets de transport.

De l'origine IRT et BMT subsiste une particularité : certaines sections du réseau utilisent des rames différentes en longueur et largeur, incompatibles entre elles, qui nécessitent donc de changer de rame à certaines stations pour continuer le trajet. Les rames d'origine IRT circulent aujourd'hui sur le réseau dénommé Division A, et les rames d'origine BMT sur la Division B.  

Le métro couvre maintenant l'ensemble des 5 boroughs de New York (Manhattan, Queens, Bronx, Brooklyn, Harlem) avec de nombreuses ramifications et une forte densité de stations dans Manhattan. Il est connecté à l'aéroport JFK, aux gares, aux lignes de ferries et tramway, au réseau de Staten Island et de New-Jersey City. Le MTA gère aussi un vaste réseau d'autobus. 

Grâce au métro les newyorkais peuvent facilement se rendre sur les plages de Coney Island ou de Rockaway, assister aux matches de baseball ou de tennis à Flushing Meadows, et surtout rejoindre leur domicile, souvent éloigné de leur lieu de travail.

      

Dans Manhattan, le métro est pratiquement à 100% souterrain, mais ce n'est pas le cas dans les autres boroughs où il est souvent aérien (40% du réseau total).

La partie aérienne est représentée en bonne partie par  le célèbre "elevated", typique de New York (et de Chicago) tel qu'on le voit souvent dans les films (comme dans le mythique "French Connection"), avec les voies suspendues en hauteur au dessus des avenues, posées sur une structure en poutres d'acier. On accède aux stations en montant le long d'escaliers extérieurs. 

Pour faire l'expérience de l'elevated, l'idéal est de circuler sur les lignes 1,2,3 vers Harlem – Broadway Nord, la ligne 7 vers Flushing, et la ligne B vers Brighton Beach.

Les lignes ("routes" en américain) sont identifiées par des pastilles de couleur avec un numéro ou une lettre. Chaque ligne sert un ensemble de stations distinct. La numérotation va de 1 à 7, puis de A à Z, mais il n'y a pas de lignes H, I, K, O, P, U, X, et Y !

Attention, plusieurs lignes peuvent passer sur une même section de rails ("lines" en américain).    

Lorsque vous êtes dans une station, sachez que sur le même quai vont s'arrêter des rames qui desservent des lignes différentes. Donc pour être sûr(e) que vous rejoindrez bien la station que vous désirez, repérez le numéro et la couleur sur le wagon de tête ou sur les panneaux figurant sur les cotés des wagons !

Les stations de Manhattan sont en général nommées en fonction des intersections de rues et avenues. 

Autre particularité du métro de New York : les stations de Manhattan sont traversées par quatre voies et non seulement deux. Pourquoi ? Parce que sur la même section passent des rames omnibus et d'autres qui sont des express.  

Donc, attention, pour le même numéro de ligne (1 par exemple), il existe des rames omnibus qui vont s'arrêter à toutes les stations, et d'autres express qui vont s'arrêter seulement aux stations principales, toutes les 4-5 stations.

Pour compliquer les choses, un express peut devenir un omnibus selon l'heure de la journée, et une même rame peut être omnibus dans le Queens, express à Manhattan, et à nouveau omnibus dans Brooklyn… Comment les repérer ? Les express sont expressément notés "express" sur le coté !

Le sens de marche des rames est indiqué par la destination finale, le nom de la dernière station de la ligne. Le métro fonctionne 24/24 sur les lignes principales, mais avec une fréquence des rames réduite la nuit. Les lignes secondaires sont fermées entre minuit et 6 heures du matin.

Résumons le principe d'un trajet : d'abord vous identifiez la station à atteindre. Sur un plan du métro vous repérez la ligne express qui vous permet de vous approcher de cette station. Vous descendrez de l'express à la station la plus proche d'avant  votre destinationpour reprendre un omnibus immédiatement et sur le même quai afin de finir votre trajet. Ce système fait gagner beaucoup de temps pour rejoindre les stations éloignées. Mais si vous ne vous sentez pas à l'aise avec le métro, prenez toujours les omnibus !

Le système express-omnibus donne lieu à d'étranges ballets aux stations, avec des "commuters" (banlieusards)  pressés qui se précipitent hors de l'express pour s'engouffrer immédiatement dans la rame omnibus juste en face sur le même quai.

Depuis quelques années, les stations sont progressivement équipées d'affichages électroniques indiquant le délai d'approche des prochaines rames : pratique pour anticiper un peu plus facilement celle dans laquelle il faudra monter !

Contrairement à celui de Paris, le métro new-yorkais est peu profondément enfoui sous les rues. On rejoint facilement les quais en descendant simplement quelques marches (par contre, il n'y a pratiquement pas d'escalators ou d'ascenceurs, ce qui fait que le métro est peu accessible aux personnes à mobilité réduite, même si de l'aide peut facilement être obtenue auprès du personnel de la MTA si besoin).

Cela tient au mode de construction des lignes : les avenues ont simplement été creusées d'une large et profonde tranchée, les rails posés au fond et le haut recouvert d'un toit sur lequel on a reconstitué le revêtement de la rue. Donc, le plus souvent, le métro circule juste sous la route. Et dans les stations on entend le trafic routier qui passe juste au dessus.

Les stations sont assez "spartiates", d'aspect très industriel, sombres, glaciales l'hiver et étouffantes l'été. Les rames font beaucoup de bruit, grincent et craquent… on est loin du métro confortable et silencieux de Paris. 

Certaines stations de Manhattan sont toutefois décorées de belles mosaïques, représentant, par exemple, des personnages d'Alice au Pays des Merveilles, ou d'étranges "yeux" qui vous regardent, ou encore des poissons géants. Les deux stations desservant le MOMA (Museum of Modern Art) valent le coup d'oeil pour leur décoration.

Dans les années 80, la plupart des rames qui passaient par les quartiers "chauds" étaient entièrement taggées de graffitis. Ce n'est plus le cas depuis que la MTA procède à un nettoyage immédiat des marques, les taggeurs ont été découragés !  Mais les vitres sont parfois complétement rayées, avec des sortes de signatures ou symboles.

Les rames sont formées de wagons qui communiquent entre-eux par une petite porte. Vous pouvez ainsi changer de wagon pendant que la rame roule. Ceci est par contre totalement interdit lorsque le métro est à l'arrêt en station, ou surtout entre deux stations : de sévères amendes vous attendent le cas échéant.

Les rames sont climatisées, ce qui est appréciable en plein été (climatisation à l'américaine, avec une température souvent inférieure à 20°C !). 

Dans chaque rame, deux employés du MTA : un conducteur et un "contrôleur". Ce dernier n'a, en fait, pas pour fonction de contrôler les billets.

Il annonce par haut parleur le nom des stations (parfois en les agrémentant de jeux de mots assez impénétrables), vérifie que tous les passagers sont bien entrés dans la rame et donne le signal du départ au conducteur.

Le contrôleur est au service des passagers : il peut donner un renseignement si besoin, porter assistance, communiquer par radio avec la régie. 

Vous trouverez si besoin le contrôleur à peu près au niveau du premier tiers de la rame.

On peut facilement repérer l'endroit où il va se trouver : c'est là où sont installé des écrans de TV qui lui permettront de surveiller toute la longueur de la rame grâce à plusieurs caméras réparties le long du quai.

Des projets d'automatisation complète des rames sont en cours, mais rencontrent une vive résistance de la part des syndicats et du public qui est attaché à cette présence humaine.

Lorsque les portes du wagon se ferment automatiquement, juste avant le départ de la rame, on entend un message électronique avec une voix masculine grave, typique du métro de New York : "please, stand clear from the closing doors" ("SVP, éloignez-vous des portes qui se ferment").

Dans chaque station, une cabine abrite un guichetier qui vend des billets à l'unité, et renseigne les voyageurs. On peut lui demander un plan du métro très bien fait et actualisé régulièrement. 

Egalement, on peut lui faire signe pour qu'il ouvre un portillon, si vous avez une poussette ou une chaise roulante, ou même simplement si vous êtes chargé(e) de paquets ou valises. Ceci vous évitera les contorsions pour passer les tourniquets.

Les billets s'achètent à l'aide d'automates situés à l'entrée des stations. Les tickets s'appellent "Metrocard". Si vous restez plusieurs jours à New York, il est judicieux de prendre une carte d'abonnement pour un jour entier ou plus. Voir notre rubrique "Informations pratiques" pour plus de détails. 

Une station est amusante à visiter : celle la plus au sud de Manhattan : South Ferry. La station est toute en courbure et les rames font demi-tour sur quelques dizaines de mètres tout en continuant leur chemin ! La station de Times Square vaut aussi le détour : elle est immense et constitue un véritable dédale. Et à l'extérieur, les entrées sont décorées comme des casinos de Las Vegas !

La ligne X en direction de Brooklyn passe sur le Manhattan Bridge : la vue est superbe sur la skyline et le pont de Brooklyn, surtout le soir ! Une ligne recommandée aussi : la ligne 7 vers Flushing : à chaque station ou presque, on change d'ambiance, avec la traversée de quartiers indiens, chinois, grecs, russes…

A voir le film les Pirates du Métro (The taking of Pelham 123), film mythique sur la prise en otage d'une rame de métro de New York, et son remake récent, l'Attaque du Métro 123. Egalement, French connection, pour la scène célèbre de poursuite dans le métro.


     

   

 

 

 

     

Commentaires ( 4 )

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soldat de métier a ajouté quelques mots le Mar 04 15 à 4 h 15 min

Alors, on peut finalement le prendre sans crainte ce métro new yorkais ?

Fabienne a ajouté ce commentaire le 11 10 2010 à 19 h 00 min

Oui, comme celui de Paris. Aucun risque dans Manhattan. Évidemment, au fond du Bronx avec un appareil photo autour du cou, à deux heures du matin… Il vaut mieux éviter !

Pierre Movila a ajouté ce commentaire le 11 10 2010 à 23 h 13 min

J’ai visité NYC la deuxième quinzaine de juin 2013 et je peux vous dire que c’est un régal de prendre le métro New-Yorkais. Hébergés dans Brooklyn (station Nostrand Av ligne A bleue), nous n’avons jamais eu de problèmes, même en revenant tardivement. Nous sommes allés dans le Bronx (pour le zoo)…avec le métro. On nous a aidé, les gens sont polis en patientant que le monde sorte du wagon, personne ne pousse, quelques mendiants, mais ils passent leur chemin sans insister et ça, ça change de Paris.
Une provinciale de 52 ans.

Thiriet a ajouté ce commentaire le 26 01 2014 à 14 h 36 min


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