Love, la sculpture de Robert Indiana à New York

C’est un peu une visite obligée… Qui n’a pas été se faire prendre en photo devant la sculpture de Robert Indiana, nommée « LOVE » ? C’est un rendez vous romantique incontournable pour tous les amoureux. Située à l’angle de la sixième avenue (avenue of the Americas) et de la 55ème rue, deux rues au sud de Central Park, à deux pas du MoMa, la statue est un haut lieu touristique.

Love sculpture New York by Robert Indiana - (c)Movila

Tout le monde se fait prendre en photo devant ! Parfois, un bus entier de touristes arrive d’un coup, ce qui rend difficile à obtenir ce que tout le monde est venu chercher : une photo où on est seul devant…

La sculpture est l’oeuvre de l’artiste américain d’avant garde Robert Indiana (de son vrai nom Robert Clark – né en 1928 dans l’Indiana, état américain auquel il emprunte son nom d’artiste). Indiana est un artiste associé au mouvement pop-art des années 60. Son travail repose beaucoup sur des représentations typographiques de mots courts comme « EAT », « HOPE », « HUG », « DIE », associations de lettres très colorées, souvent basculées. Il s’est d’abord exprimé à la fin des années 50 sous forme de peintures, installations, puis de sérigraphies en suivant l’exemple d’Andy Warhol. Il a commencé à produire les première images de « LOVE » comme illustration d’un recueil de poésies, puis une sur une peinture nommée « Love is God » (inversion de la phrase « God is Love », Dieu est amour, seule inscription qu’Indiana voyait écrit au mur de l’Eglise Scientiste où l’emmenait sa mère quand il était enfant).

Love sculpture New York by Robert Indiana - (c)Movila

 En 1964, le Museum of Modern Art de New York commandite Indiana pour réaliser sa carte de voeux de fin d’année officielle. Il propose le simple mot « LOVE », en deux lignes, au format carré, avec le « O » un peu basculé, et en associant des couleurs vives, rouge, cyan et vert clair (forme que lui aurait inspiré une publicité de la marque d’essence Phillips 66 des années 50 et couleurs des bars de bords de route avec leur néons colorés). Cette opération est un succès et fait connaitre Indiana du milieu de l’art contemporain. Il peut alors organiser sa première exposition personnelle, the Love Show, où il expose déjà de petites sculptures de « LOVE ».

Love - Robert Indiana - MoMa Postcard

Sous la pression de collectionneurs (dont beaucoup pensaient que la carte était la reproduction d’une peinture, mais qui était bien une illustration originale spécialement réalisée pour la carte), il va produire d’abord une série de sérigraphies, puis la première sculpture, en 1970, commande du Musée d’Art d’Indianapolis. Depuis, nombre de villes on commandé leur sculpture pour l’exposer dans la rue ou des parcs (voir la liste : ici). 

« LOVE » a parfois été décliné en d’autres couleurs, ou dans d’autres langues, comme la sculpture « AMOR » installée à Valence, Espagne, ou « AHAVA » (LOVE en hébreu), à Jerusalem, Israël. Consécration suprême, LOVE a été utilisé pour décorer un timbre de la Poste des Etats-Unis, édité pour fêter la St Valentin en 1973. C’est un énorme succès populaire, et un record, avec plus de 300 millions de timbres vendus !

Love - Robert Indiana - stamp

Robert Indiana est bien moins connu que sa sculpture, notamment du fait qu’il n’a pas signé son oeuvre. De fait, celle-ci n’est pas protégée et de nombreuses copies on pu voir le jour sans qu’Indiana aie pu s’y opposer. « LOVE » a été vendu sous forme de posters, auto-collants, presse papiers, porte-clés, assiettes décorées, rideaux, cartes postales, en d’infinies variations, sans que Robert Indiana en tire profit (contrairement à ce que laisse entendre la rumeur, Indiana ne s’est pas du tout enrichi avec les retombées commerciales de « LOVE », au contraire, sa cote artistique est tombée rapidement dès que le succès populaire est venu). « LOVE » est devenu un des symboles du mouvement hippie des années 60, sans qu’Indiana s’associe vraiment à ce choix.

Robert Indiana s’est impliqué auprès de Barack Obama lors de la première campagne électorale américaine pour la Présidence des Etats-Unis, en réalisant en 2008 « la petite soeur » de « LOVE » (ce sont ses propres mots), « HOPE ». Cette nouvelle image a permis de produire t-shirts, posters, badges qui se sont arrachés dans le camp démocrate, ramenant plus d’un million de dollars pour financer la campagne.  Ce qui a aussi permis à Indiana de sortir d’une quasi-misère.

HOPE - poster Obama

Robert Indiana est encore un artiste très productif, qui vit une seconde carrière. En 2011, trois nouvelles sculptures originales de « LOVE » on été vendues pour plus de 4 millions de dollars. Son oeuvre, très diversifiée, et qui ne se résume pas à cette sculpture, fait partie des collections de nombreux musées dans le mondes, dont évidemment le célèbre MoMa à New York.

Commentaires ( 4 )

Super intéressant merci pour toutes ces infos.
I LOVE cet article !!!
Eleonore

Eleonore a ajouté ce commentaire le 18 08 2014 à 10 h 11 min

Grand merci également
I love too…

Eric a ajouté ce commentaire le 18 08 2014 à 17 h 18 min

De nombreuses informations passionnantes et méconnues, merci !
(oui, nous aussi nous sommes photographiés devant la sculpture !!)

Sophie a ajouté ce commentaire le 04 09 2014 à 17 h 23 min

une sculpture mythique qui à fait rêver plus d’un ^^ merci pour cette découverte grandeur nature

ice a art a ajouté ce commentaire le 06 05 2017 à 10 h 32 min


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